Mardi 27
ATE 9 - La construction subjective des filles/garçons placé·e·s en institution (1920-1970), entre coercition et émancipation
Marianne Thivend
› 14:00 - 15:30 (1h30)
› Salle 502
«S'opposer pour se construire». Les formes de résistance des jeunes colons de Mettray pendant l'Entre-deux-guerres
Eric Pierre  1@  
1 : Temps, Mondes, Sociétés
Université d'Angers : FRE2015

Le système correctionnel de la colonie agricole et pénitentiaire de Mettray, fondée en 1839, repose sur un encadrement serré des jeunes détenus. La colonie déploie des formes disciplinaires empruntant à l'armée, à l'église, à l'école, au monde du travail. Les fondateurs de la colonie, pour obtenir une véritable rédemption des jeunes, font appel à des valeurs telles que le sens de l'honneur, la solidarité du groupe, la virilité, etc. mais par-dessus à la soumission. Il s'agit de produire des travailleurs dociles pour fournir ouvriers agricoles, valets de ferme ou domestiques ruraux dont les élites sociales auraient besoin. Des jeunes détenus s'opposent à ce système totalitaire. À côté des résistances discrètes de la majorité des colons (mauvaise volonté au travail), certains défient plus ouvertement l'institution en refusant d'obéir, en détruisant les récoltes et les locaux, en s'évadant. Les punitions (brutalité des gardiens, cachot, privation de nourriture, etc.) ne les empêchent pas de recommencer. Certains mettent leur santé en jeu par l'accumulation des sévices et punitions. Si les fonctionnaires de la colonie sont incapables de comprendre de tels actes de révolte ou en donnent une interprétation reposant sur l'aliénation mentale des jeunes (« monomanie de l'évasion »), il est aussi possible d'y voir des étapes dans la construction d'une identité juvénile. La répétition des actes d'insoumission suivis de périodes de punition montre une volonté féroce de ne pas se soumettre et de s'affirmer comme individu résistant quoi qu'il en coûte.


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