Mardi 27
ATE 9 - La construction subjective des filles/garçons placé·e·s en institution (1920-1970), entre coercition et émancipation
Marianne Thivend
› 14:00 - 15:30 (1h30)
› Salle 502
Le poids des normes de genre sur la prise en charge de la déviance juvénile dans l'Espagne franquiste (années 1940 et 1950)
Amélie Nuq  1@  
1 : LAboratoire de Recherche Historique Rhône-Alpes - UMR5190
Centre National de la Recherche Scientifique, Université Grenoble Alpes : UMR5190

En s'appuyant sur un corpus constitué de dossiers personnels de mineur·es envoyés en maison de redressement, il s'agit de voir comment les normes de genre pèsent, à plusieurs niveaux, sur la prise en charge de la délinquance juvénile dans l'Espagne franquiste des années 1940 et 1950. Tout d'abord, comme cela a été montré pour d'autres pays, même si les motifs d'envoi en maison de redressement sont juridiquement les mêmes (vol, indiscipline), les filles n'y sont, dans les faits, pas envoyées pour les mêmes raisons que les garçons : la question de l'inconduite sentimentale et sexuelle est cruciale chez elles, quand elle n'est quasiment pas évoquée pour eux. Ces stéréotypes pèsent par ailleurs à l'intérieur des murs de l'institution : la rééducation des filles vise avant tout à les préparer à leur rôle d'épouses et de mères en accord avec l'archétype féminin promu par le régime franquiste prônant la pudeur, la modestie et le cantonnement à la sphère du foyer. Enfin, main dans la main et en usant au besoin de la contrainte, les autorités judiciaires et l'Église catholique mènent une croisade morale qui vise les jeunes filles déviantes, mais aussi leurs mères, leurs sœurs, leurs cousines... Les archives montrent néanmoins que les acteurs et les actrices disposent d'une réelle marge de manœuvre, les mineur.es échappant par exemple assez facilement à la surveillance des délégué·es à la liberté surveillée, pour entretenir des relations sexuelles et amoureuses avant le mariage.


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