Mardi 27
ATE 8 - Contracepté·e·s : émancipé·e·s?
Mireille Le Guen
› 14:00 - 15:30 (1h30)
› Salle 401
Religion vs contraception ? Conduites contraceptives et entrée dans la sexualité chez les catholiques et les musulman·e·s en France
Marion Maudet  2, 1@  
2 : INED
Institut national d'études démographiques
1 : IRIS
Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS)

L'étude des pratiques contraceptives de personnes se déclarant catholiques et musulmanes a permis de montrer leur usage élargi de la contraception médicale. Le recours à la contraception par les personnes croyantes peut-il alors être perçu comme une forme d'émancipation vis-à-vis des injonctions religieuses ? Dans cette présentation, basée sur 47 entretiens biographiques menés en France entre 2014 et 2017 auprès de femmes et d'hommes catholiques et musulman·e·s, nous observons que les conduites contraceptives lors de l'entrée dans la sexualité viennent informer, voire reconfigurer, de manière genrée, le rapport des individus à leur religion. Pour les femmes catholiques, le refus d'un rapport sexuel contracepté va généralement de pair avec une entrée tardive dans la sexualité et la valorisation de la virginité. Pour les femmes musulmanes, il s'agit plutôt d'une imbrication de contraintes genrées dépassant le cadre strict de l'islam. Les décisions contraceptives des hommes musulmans participent quant à elles à la construction d'une masculinité « prédatrice » ou « responsable » qui vient interroger la place prise par l'islam dans leurs conduites et leur parcours sexuel. S'émanciper, ce n'est donc pas seulement abattre des contraintes religieuses en matière de contraception, c'est parfois surtout se libérer de rapports de pouvoir – au premier chef, les rapports de genre – environnant la question religieuse, dans le cadre d'une normativité sexuelle et contraceptive indéniable.


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