Les desiderata de la politique de parité au Mali: quelles stratégies pour atteindre l'égalité?
André Koné  1@  
1 : Université des Lettres et des Sciences Humaines de Bamako

Le Mali, à l'instar des autres pays africains, a fait siens les principes d'égalité et de justice énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1789. Il a souscrit à un ensemble de textes et de dispositions promouvant la parité, à l'échelle régionale et africaine : la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples et son Protocole facultatif relatif aux droits des femmes en Afrique, la Charte africaine de la jeunesse, la politique Genre de la CEDEAO, la politique Genre de l'Union africaine, entre autres. Cet arsenal est en conformité avec les Objectifs de développement durable (ODD). Dans cette dynamique, le Mali a adopté une loi sur la parité afin d'amorcer sa marche vers l'égalité et assurer ainsi l'autonomisation de la femme. Cependant, dans la pratique, de fortes inégalités sont encore perceptibles et accentuées, à causes des pesanteurs culturelles, religieuses et sociales qui ont longtemps rythmé la vie des Maliens et qui ont fortement influencé leur conception du monde et la façon dont ils ont réparti les rôles entre les hommes et les femmes. Cette répartition fait « la part belle » à l'homme, notamment dans le domaine de la participation à la vie politique. Afin de réparer les injustices qui découlent de pratiques séculaires, les Maliens ont adopté le principe de parité, en légiférant. D'où la politique nationale Genre du Mali qui accorde des quotas aux femmes dans certaines situations : Parlement, ministères et postes de responsabilité. Cependant, dans notre pays encore « misogyne », des pesanteurs persistantes entravent la pleine application de la politique de cette parité.


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