La violence conjugale dans les chansons d'Oumou Sangaré et de Djénéba Seck : entre compromis et tactiques de survie
Aissata Ba  1@  
1 : ENS de Bamako

La Violence Conjugale (VC), comme la plupart des violences faites aux femmes, a un impact négatif sur leur santé mentale, physique et sur leur bien-être financier. L'OMS estime qu'environ 30% des femmes dans le monde en sont victimes. Encore plus alarmant, 38% des femmes tuées dans le monde ont été tuées par des partenaires intimes. Ainsi, les organisations de femmes militent en faveur de la prévention et de la résolution de ce problème. Cet article est centré sur le Mali où des femmes, comme beaucoup de leurs consœurs subsahariennes, vivent dans des sociétés patriarcales et sont exposées et traumatisées par la VC ou perdent la vie. En effet, avec ses 40% de femmes victimes, l'Afrique subsaharienne occupe le deuxième rang en termes de prévalence de la VC. En mettant l'accent sur le Mali, nous appliquons une approche féministe à l'analyse du contenu de 2 chansons maliennes pour montrer comment elles participent au renforcement ou à la normalisation de la VC. Ces chansons sont « sigikuruni » et « nitekenela », chantées respectivement par Oumou Sangaré et Djeneba Seck, deux chanteuses maliennes de renommée mondiale. Concernant l'analyse du contenu, nous discutons des excuses et des arguments utilisés au Mali pour banaliser la VC contre les femmes. Nous soulignons des facteurs tels que le mariage précoce, la subordination sociale des femmes à leurs partenaires hommes ainsi que l'absence de lois strictes pour punir la VC. Pour conclure, nous formulerons des recommandations pour des actions telles que la sensibilisation à travers l'art et des voix influentes, la formation des agents de santé et des forces de l'ordre sur la VC et l'aide aux victimes et l'insertion de la VC dans les programmes scolaires.


Personnes connectées : 1